Embrasse la douce caresse du vent.
La feuille ternie par le souvenir des saisons,
Tressaille faiblement courtisée de frissons.
Observatrice du temps qui passe à pas de loups,
Elle sent sa dernière heure lui pendre au cou ;
Emplit du souvenir des passants insoucieux,
Elle palpite à chaque soubresaut périlleux.
La douce brise la berce d'amour exquis,
Sous le regard amoureux du chêne conquis,
L'arbre soupirant ne veut pas perdre sa feuille belle,
De toute la force de ses branches, il veille sur elle...
Frôlant l'écorce tendrement elle est en émoi,
Charmée par la force de son amoureux de bois ;
Ses derniers instants elle les passera auprès de lui,
Sous la grandeur de sa tendresse, elle finira sa vie.

