00h25 , Franck écrase sa cigarette. Il observe le cendrier pleins. La télé diffuse un vieux film en noir et blanc qu'il ne regarde même pas. Le lit n'est pas fait. A vrai dire il n'a pas été fait depuis fort longtemps. Un drap froissé au pied du lit, une couverture par terre ternit par le temps. Un oreiller sans marque de sommeil. A t-il seulement dormit depuis toutes ces nuits.
Un vieux bouquins qui n'a pas été ouvert , presque jamais lu, juste les premieres pages pour tenter de penser à autre chose. Mais penser est si dur maintenant. Penser à rien, penser à elle.
Un trait de vodka, il boit .
« Il faudrait que je pense à me raser « se dit-il en se carressant le visage.
Il se leve, marche jusqu'à la salle de bain, se regarde dans le miroir , se met à pleurer.
Assis sur le sol il pleure sans relache sur le vieux tapis la depuis on ne sait quand, et qui n'a plus jamais bougé. Tant de jours seul sans elle… déjà 2 ans.
Elle est parti un matin, a fait sa valise sans mot dire, a ouvert la porte et sans se retourner a franchit le seuil…
Elle disait que cela devenait invivable. Le poker, les nuits dehors, les bars.
Toutes ces femmes avec qui il a surement passé des moments allez savoir pour quelles raisons…
Franck ne voyait pas qu'elle etait seule et cette nuit c’est lui qui est à l’abandon
Elle etait si belle, surement l’est-elle encore aujourd’hui, sa chevelure blonde toujours tombante sur ses épaules, la douceur de ce regard d’enfant dont on ne peux se passer, une silhouette élégante sans même le vouloir, un naturel qui la rendait toujours belle, toujours…
Que peut elle bien faire apres ses 2 ans sans lui. Elle vit.
Franck se dresse, le visage meurtrit par cette solitude incessante.
Il vide son verre d’alcool d’un trait en se regardant en face.
La décheance, une vie gachée, voilà ce qu’il se dit y voir.
Il sort de la piéce, se dirige vers son bureau. Ses pas raisonnent légèrement malgré ses pieds nus, le vide sans doute, le manque de vécu , et la mélancolie qui reigne et qui salit les meubles, les objets…
Là, des photos étalées un peu partout sur le bois, des photos qui ne sont que des souvenirs, détruits…
Mais elle est si belle, si belle…
Il sort une petite clefs du pot à stylos posé pres du téléphone, de vieilles pieces de monnaie tombent au sol, il ouvre le 3eme tiroir, et en sort une arme. Une arme à feu toute simple qu'il à acheté dans la rue.
Son verre est vide, il pose le revolver, va se servir le fond de bouteille qu'il reste, puis allume une cigarette, la derniere… Le cendrier déborde.
Il fume. La fumée brouille sa vision. La télé marche toujours , sans intêret.
Une seule lampe éclaire à peine la piece, une vielle lumiére faible pour ne pas laisser place au noir, le noir de sa vie.
Franck retourne à son bureau, à son arme, à sa derniere heure.
Il s’assoit sur la chaise, retourne les photos pour les regarder encore, encore et toujours. Il ne lui reste que des images sur papier glacé pour se rappeler de ce qu'il a perdu.
Il repense à son passé, à son avenir raté, sa main tremble.
1h36 , l'ascenseur s'ouvre... Elle en sort et se dirige vers la porte de l’appartement de Franck, les cheveux collés par la pluie dehors . Dans son imperméable bleu elle ressemble à une star de cinema oubliée, sortant d’un vieux film de Godard.
Pendant tout ce temps elle y repenssait souvent. Peut etre aurait-il pu changer, peut être a t-il changé.
Elle revient de chez ses parents, elle n'a personne. Aucun homme n'est resté dans sa vie mais ils furent nombreux à y faire une apparation apres Franck. Elle se sent securisé dans des bras masculin mais helas jamais bien longtemps. Il fut le seul qu’elle a aimé, l’aime t-elle encore ?
Elle a été la femme d’une seule nuit pour bon nombre d’entre eux, mais elle c’est sentie désiré et visible, au moins pendant ces nuits la…
Elle a tenté d’oublier , ces 3 ans finalement bien seule, 3 ans à attendre qu’il devienne different, qu’il change, qu’il cesse de ne pas etre là , même quand il était dans la même piece ;
Elle est de passage dans la ville et veut le voir , marche le long du couloir… Son cœur a peur en approchant de plus en plus de cette porte. La minuterie se coupe, elle cherche l'interrupteur et dans la pénombre de ses pas se pose encore la question en appuyant sur le bouton…
Qu’est-il devenu ?
La lumiére revient ;
Un coup de feu retentit…Il n’est plus rien.
©Me